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Document de vulgarisation

 

 

 

Ce document est la vulgarisation d’un rapport d’une centaine de pages remis à la Cour et aux Parties Civiles et jugé « complexe » par plusieurs observateurs ne peut être compris que par des spécialistes, c’est pourquoi nous n’en citons que quelques extraits utiles.

 

 

    Nous rendons hommage au Dr. Marcaggi pour son rapport d’autopsie et aux enquêteurs pour leurs constatations en flagrance.

 

Nous citons un certain nombre de convergences existant dans les rapports de M. Hemon, Mme Chabli et nous même.  

 

Préambule

 

Au vu des témoignages concordants figurant au dossier, le préfet Claude Erignac a été suivi par deux hommes dont l'un a fait feu à cinq reprises l'atteignant de trois projectiles de 9 mm parabellum derrière la tête alors qu'il amorçait une marche du trottoir adjacent au restaurant Le Kallyste.

Nombre de tirs

Si l'on prend comme postulat que les tirs ont été provoqués par le pistolet découvert sur la chaussée et que les blessures sont transfixiantes ; nous admettons comme corollaire (on démontre aussi) que tous les indices : étuis, fragments de projectiles, impacts sur la victime et dans un environnement immédiat sont directement liés à la scène. Il y a compatibilité entre les cinq tirs comptabilisés et les projectiles, les fragments de projectiles et leurs impacts.

Certains témoins ont cru entendre plus de cinq coups de feu. Cela provient soit :

-         D’une mauvaise mémorisation du nombre de tirs

-         D’échos provoqués par les immeubles environnants

-         Du bruit de l’onde de choc que provoque la balle quand elle passe le mur du son.

En effet si on se trouve à une certaine distance du tireur et à côté de son axe de tir, on perçoit nettement le bruit du projectile et ensuite le bruit de bouche. Le projectile 9 mm parabellum a une vitesse initiale supersonique.

 

Lieu et position de la victime quand elle a été atteinte par le premier tir

 Cf. extrait du rapport d’ A. Mannarini : « D'après le Dr. Marcaggi (page 6 de son rapport d'autopsie) « chacun de ses tirs est potentiellement mortel », « Le décès est donc survenu de façon instantanée », « Le premier tir a fait chuter instantanément M. Erignac, à terre, ce qui a provoqué  les lésions au niveau de la face et du nez, puis deux autres tirs ont complété le premier, touchant M. Erignac à terre ». Par conséquent, « le décès étant instantané » c'est le centre de gravité de la victime qui va tracer la trajectoire de sa chute. L'endroit où se situe le centre de gravité quand la victime est debout est fonction de sa position.

Donc, la forme du corps quand il est à terre est la projection géométrique de la position de celui-ci quand il est debout.

 […] les constatations en flagrance (photos à l’appui) démontrent que la victime, debout au moment du premier tir, était dans le sens ascendant de la rue (vers le théâtre), la tête tournée vers la droite (mur du restaurant)… le dos et la tête penchés en avant ».

 

Ce qui précède est confirmé par l’impact sur le mur et la paire de lunettes (que portait le préfet au moment du premier tir), qui a rebondi perpendiculairement à ce même mur, retrouvée au bord du trottoir ainsi qu’un des verres et un noyau de balle en-dessous de l’impact.

De plus, les orifices d’entrée situés sur l’occiput attestent que le tireur était bien derrière la victime, celle-ci précédant l’impact constaté sur le mur. Ceci confirme que la victime avait bien la tête face au mur.

Impact sur le mur du restaurant

On démontre que l'impact constaté sur le mur du restaurant correspond au premier tir qui a

atteint le préfet.

La balle, après avoir provoqué une blessure mortelle transfixiante (orifice de sortie 2 cm sur  8 cm- rapport d’autopsie), ricoche sur le mur.

 Elle entraîne avec elle des éclats qui projettent la paire de lunettes que portait la victime contre ce même mur.

Le noyau de plomb du scellé 19 et la paire de lunettes ainsi qu'un de ses verres (scellé 5 et 4) retrouvés surla chaussée et la jardinière précédant le restaurant, confirment ce premier tir mortel.

Le deuxième et troisième tir ont atteint le préfet ainsi que son manteau quand la victime était à

terre.

Les caractéristiques de l'orifice « A » sur les vêtements correspondent au tir à bout touchant

appuyé.  Nous sommes en accord avec cette hypothèse retenue par les experts Hémon et Chabli. Cependant, les constats du Dr. Marcaggi laissent entrevoir l’hypothèse d’un tir à bout portant.

 

 

 

Direction des tirs

 

   On peut déterminer la direction de quatre tirs sur cinq ; celui correspondant à la balle retrouvée sur la chaussée étant impossible à déterminer.

-          Deux tirs au sol sont de haut en bas ; nous avons admis (Cf. Nombre de tirs ayant atteint le manteau) que le manteau a été atteint quand la victime était à terre, tirs vraisemblablement sous un angle de 45° conforté par des témoins de la scène (planche 13, In Rapport d’Aurèle Mannarini). On peut constater la courbure du corps quand le préfet est allongé sur le trottoir. On remarquera l’amplitude du manteau près du col qui permet lors d’un tir sous un angle de 45° de provoquer B1, B2, B3 et B4 (impact sur le manteau).

-          Le tir correspondant à l’impact sur la poutre (constatations en flagrance) est de haut en bas. Ce tir peut être mis en parallèle avec le tir occasionnant l’impact sur le mur du restaurant et concernant la taille du tireur.

-          Le tir correspondant à l’impact retrouvé sur le mur du restaurant (constatations en flagrance) après avoir traversé la tête du préfet est de haut en bas. Ce dernier tir implique que le tireur avait une taille supérieure à celle du préfet.

 

Évaluation de la taille du tireur

 

Angle à l’impact, par rapport à l’horizontale, de la trajectoire d’un projectile

Le plan de tir est défini par les coordonnées (non représentées ici) OX, OY, O étant le point d’impact, et l’angle d’impact formé par la trajectoire et l’abscisse

 

 Pour une meilleure compréhension de notre démonstration, nous remplaçons une cible humaine par une cible balistique.

 

 

numérisation0001

 

 

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Trajectoire oblique du premier tir ayant atteint le préfet (taille 1,83 m)

 

Les   orifices   d'entrée   du  projectile   étant  ronds   (rapport   d'autopsie)   les   tirs   sont perpendiculaires à la tête du préfet.

L'impact sur le mur du restaurant ainsi que sa hauteur par rapport au pallier où se trouvaient la victime et le tireur, avec une dénivellation de la victime par rapport à celui-ci nous permet d’évaluer sa taille. La trajectoire est donc tracée par la droite joignant la tête du préfet à l'impact sur le mur du restaurant ; cette trajectoire est donc oblique, le tir étant de haut en bas.

Ce qui précède confirme la position arc-boutée du préfet au moment du premier tir. De par l'absence de résidus de poudre sur l'orifice d'entrée correspondant au premier tir on situe la bouche du canon de l'arme à une distance minimum de la tête de la victime. Dans ces conditions, pour que la main du tireur soit d'une part dans l'axe de la trajectoire d'autre part dans le prolongement du bras il est nécessaire que sa taille soit nettement supérieure à celle du préfet. Pour une taille correspondante à celle de l’accusé, 1,72 m, cela serait impossible (même selon une hypothèse fictive le préfet ayant une attitude arcboutée antinaturelle et impossible à maintenir, le poignet du tireur étant cassé ce dernier ne pourrait pas appuyer sur la détente, d'autant plus que celle-ci a un poids de 2 kg en simple action et de 5,1 kg en double action et que l’arme elle-même pèse 950 g à vide avec un encombrement important. De plus, la position levée du bras avec le poignet  cassé n’est pas naturelle pour atteindre l’axe de la trajectoire). En fonction de la localisation des étuis, de la topographie des lieux, de l’impact sur le mur et la surface qu’occupe le préfet, le dos courbé, de la distance minimum entre le canon de l’arme et la tête de la victime, on peut déterminer respectivement la distance et l'endroit par rapport au préfet auxquels se trouvait le tireur au moment du premier tir .

 

Remarque : quelque soit l’hypothèse retenue par A. Mannarini ou par M. Hemon, le préfet était courbé :

 

 

M. Hemon dans son rapport du 24 avril 1998 déclare : « Dans tous les cas la victime devait-être courbée au moment de ce ou ces tirs ; sinon la position du tireur ne serait absolument pas naturelle »  

Extrait du rapport d’A. Mannarini ( Cf. Ordres pièces) :

 

 

Remarques concernant les pièces

8 A et B, 9, 10

« […] L’arme utilisée lors de cette reconstitution est un revolver 380 Bull-Dog (arme de collection de 8ème  catégorie).Ce qui précède ne nuit pas à l’intelligence du texte, et à notre démonstration » (Cf. simulation).

 

Dépositions des témoins de la scène

Témoignages confirmant l’analyse de M. Mannarini

 

       Parmi les dépositions des témoins de la scène nous retenons, d’une part le dénominateur commun des témoignages, d’autre part ceux qui sont compatibles avec l’événement.

Les témoignages de Romain Coretti, Martine Poli, Marie-Ange Contard, Jean-Louis Malpelli, Annie Monneron et particulièrement Joseph Colombani nous renseignent sur le déroulement de la scène :

 

Témoignage de Romain Coretti

« […] il y avait deux hommes qui semblaient s’affairer autour d’une masse sombre se trouvant au sol sur le trottoir devant la façade du restaurant le Kallyste […].les bras légèrement fléchis […] Il était debout et son axe de tir était d’environ 45° »

   Commentaire : Nous sommes en parfait accord avec le commentaire de M. Hemon : « […] les positions sont compatibles avec la présence de douilles* devant le corps, elles n’expliquent ni le tir à bout touchant ni la localisation du fragment de balle 19 […] » La seule explication concernant le fragment 19 est l’impact sur le mur du restaurant, explication que nous avons développée (Cf. Angles et impacts, In rapport d’ A. Mannarini remis à la Cour). La courbure que nous retenons comme la plus probable pour réaliser un tel tir est quand la victime est à terre, le tireur accroupi ou fléchi (Cf. Nombre de tirs ayant atteint le manteau, In rapport d’ A. Mannarini remis à la Cour). On remarquera l’amplitude du manteau près du col qui permet un tir sous un angle proche de 45° (constaté par plusieurs témoins) pour provoquer B1, B2, B3, et B4.

douille et étui expriment un même élément d’une cartouche, cependant le langage usuel ayant évolué, le mot douille est utilisé dans l’artillerie cartouches pour canons) alors que le terme étui l’est pour les armes portatives.

 

Témoignage de Mlle. Contard

« […] Je suis certaine qu’à ce moment là il tirait tout en me regardant car j’ai distinctement entendu deux coups de feu et j’ai vu son bras tendu tressaillir […] ».

   Commentaire : Nous rejoignons le commentaire de M. Hemon : « […] ce qui est compatible avec la localisation des douilles ».

Mlle. Contard évoque également une manipulation de l’arme qui pourrait faire suite à l’incident de tir ; cela peut expliquer la présence de la cartouche 3

M. Colombani :

 

-         Dans le procès-verbal du 16 février 1998, déclare : « Le tireur qui se trouvait à droite de la victime, assez grand autour de 1,80 m, athlétique […] ».

-         Dans le procès-verbal du 11 mars 1998 : « …il mesurait entre 1,80 m et 1,90 m, assez athlétique… »

Lors de cette déposition M. Colombani procède à la reconstitution de la scène et nous constatons avec M. Hémon que le premier tir mortel ne correspond pas au tir à bout touchant.

 

-         À l’audience du 20 novembre 2007 (premier procès), concernant les hommes qui suivaient le préfet : « athlétiques, 1,80 m, 1,90m ».

 

Commentaire : Ces trois témoignages confortent notre analyse sur la taille du tireur et le tir à bout touchant le manteau comme étant le troisième tir ayant atteint le préfet.

 

Témoignage de Mme. Poli

 

« […] après les détonations, il me semble qu’une image fugace s’est imposée à moi, à savoir deux hommes se situant à proximité du corps , le premier se trouvant plutôt aux pieds du corps, l’autre placé à côté de la tête ».

Commentaire : Ce témoin situe deux hommes près du corps du préfet. Son témoignage confirme celui de Romain Coretti et celui de Joseph Colombani.

 

Témoignage de M. Colombani

Une déposition précise de ce témoin au premier procès à l’audience du 20 novembre 2007 (extrait de Corse-Matin du 27/11/2007 ): « Au moment du premier coup de feu, je vois le préfet dévisager un homme. Le face à face dure deux secondes à peine. Puis il baisse la tête et se courbe presque à angle droit. Le préfet disparaît dans l’impasse et revient dans la rue toujours plié en deux. Après le deuxième coup de feu, une fumée se dégage, une fumée orange de la teinte de l’enseigne du restaurant. C’est de cette fumée que je vois surgir un deuxième individu et que j’entends la troisième détonation. C’est après celle-ci que le préfet s’effondre » .

Pour Joseph Colombani, dans sa déposition du 11 mars 1998 : « […] je vois l’individu « A » se positionner au-dessus du corps et tout en restant droit, tend le bras droit en direction du bout du corps allongé sur le sol. J’entends alors deux ou trois détonations ».

 

Commentaire : Ces témoignages sont conformes à l’analyse que nous avons faite en ce qui concerne la distance minimale entre le canon de l’arme et la victime, la relation entre les impacts et les douilles, la paire de lunettes, les fragments de balles, le manteau que portait le préfet, la position de la victime quand elle a été atteinte par le premier tir. Ces mêmes témoignages sont des plus importants car M. Colombani était un ami du préfet pouvant donc appréhender la taille du tireur en comparaison de celle du préfet.

 

Témoignages concernant l’impact sur le mur du restaurant

 

a)    Mme. Monneron : « Quelque chose est venu ricocher sur la fenêtre située au-dessus de notre table ».

b)    M. Malpelli : « Il y a eu plusieurs chocs sur la vitre de la fenêtre en face de nous ».

Commentaire : Ces deux témoignages confirment l’impact sur le mur du restaurant correspondant au premier tir ayant atteint le préfet. Cet impact se trouve à « 48 cm de l’angle droit de la fenêtre de ce mur » (Cf. constatations en flagrance), ainsi que d’éventuels ricochets d’étuis éjectés

 

 

 

 

 

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Par mannarini.over-blog.fr
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