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Coupures de Presse

 

 

Le Post

Un expert balisticien qui affirme que le tireur était plus grand que le préfet Erignac

Certes l'expert balisticien en question a été cité par la défense. Mais l'accusation n'a pas été capable de contredire ses conclusions par l'audition d'un expert soutenant une thèse inverse. La Cour a par ailleurs refusé d'ordonner une contre expertise...

  

Nouvel Obs. Com 

Quelles charges pèsent au juste sur Yvan Colonna?

Uniquement les mises en cause initiales des membres du commando qui a assassiné Claude Erignac le 6 février 1998, à Ajaccio. Les autres éléments du dossier (dont certains n'ont tout bonnement pas été pris en compte par une instruction menée exclusivement à charge) sont à décharge
: l'analyse balistique qui conclut à un tireur de grande taille…

 

 Le Figaro.fr

 

·         Erignac : la taille de l'assassin crée encore la polémique

Un balisticien mandaté par la défense soutient que le tireur mesurait plus de 1,85 mètre. La taille d'Yvan Colonna est de 1,71 mètre.

 

La question de la taille de l'assassin du préfet Érignac est au centre du procès en appel d'Yvan Colonna, comme elle l'avait été en première instance. Ce n'est sans doute pas du ministère public qu'il faut attendre la lumière, puisque l'avocat général Teissier, dans une envolée inattendue, déclarait jeudi que «de la scène de crime, on ne connaît rien», cette obscurité englobant évidemment le tireur.

La vérité jaillira-t-elle de la bouche d'un balisticien indépendant, engagé par la défense - qui demandera lundi une reconstitution ainsi que la désignation officielle d'un autre balisticien ? À première vue, Aurèle Mannarini déconcerte. Il a une tête à la Jacques Tati, un grand cabas en papier Kraft frappé du logo d'un supermarché, et le sang chaud. Jeudi soir, il subit un assaut en règle de la partie civile et de l'accusation…

Incident de procédure

L'audience tourne au guignol. Certains avocats rient du mauvais rire qui accompagne les curées judiciaires trop faciles. Ils auraient mieux fait de réfléchir au fait qu'ils étaient en train de questionner sans retenue un témoin avant qu'il ait fait sa déposition spontanée, ce qui est proscrit par le Code de procédure pénale. D'où un incident soulevé vendredi par la défense, demandant qu'il lui soit donné acte de la violation de deux articles de ce Code. Mauvaise rédaction des conclusions : la cour se déclare incompétente. Et revoici le témoin expert avec son attaché-case en papier.

S'il n'a pas l'allure du «sachant» standard, M. Mannarini en a le docte phrasé et il est aussi soporifique que certains des balisticiens les mieux en cour. Mais on l'écoute cette fois avec une apparente déférence, craignant sans doute une seconde volée de conclusions. Le témoin, qui a beaucoup travaillé, en vient au bout d'une bonne heure à ce que chacun attend de lui : la taille supposée du tireur. «Elle est supérieure à 1,85 m, je suis catégorique», conclut l'orateur. La partie civile, par la voix de Me Hanoteau qui, comme Yvan Colonna, mesure un peu plus de 1,70 m, le met en difficulté en se glissant, pour les besoins de sa cause, dans la peau de l'assassin inconnu. Me Lemaire enfonce le clou. M. Mannarini persiste.

Le tireur grandit donc au fil des procès : il mesurait environ 1,83 m en décembre 2007, selon une estimation du médecin légiste, qui fit grand bruit. Auparavant, nul ne se souciait de ce détail. C'est bien le problème : dans ce dossier élevé, dès le 6 février 1998, au rang de « cause sacrée» par les plus hautes autorités de l'État, il n'y a jamais eu de reconstitution en présence du légiste et du balisticien désigné par les juges d'instruction, formalité mise en œuvre dans le moindre crime crapuleux. Quant au balisticien en question, il n'a jamais daigné se présenter devant une cour d'assises. Alors oui, on peut moquer M. Mannarini, son cabas, ses certitudes qui épousent providentiellement celles de la défense : mais lui, il est venu.

Commentaire : Concernant cet article, au demeurant objectif et respectueux, nous faisons constater que  A. Mannarini a pu sembler être mis en « difficulté » par Maître Hanoteau alors qu’il n’a  fait que répondre à une  observation de l’avocat en se référant à son rapport d’expertise précis qui fait allusion à une hypothèse fictive (Cf. : Trajectoire oblique du premier tir ayant atteint le préfet, In Document de vulgarisation).

Pour ce qui est de l’intervention de Maître Lemaire, celui-ci, néophyte en balistique, a tiré des conclusions inexactes en laissant penser qu’ on avait procédé à des tirs de simulation et que l’on s’était servi d’un révolver du 19ème siècle pour ces mêmes tirs (Cf. Simulation).

  

Ouest France.fr

Premier incident d'audience

Provoquant un incident, ils ont reproché aux juges d'avoir violé le code de procédure pénale en questionnant ce témoin avant même d'avoir entendu sa déposition spontanée. La cour s'est finalement déclarée incompétente pour leur "donner acte" de ce "manquement" comme ils le réclamaient. Le témoin lui-même a soupçonné une entreprise de "déstabilisation" en raison de son rapport "certainement gênant" pour l'accusation.

Selon lui, la taille de l'assassin exclut de fait la culpabilité d'Yvan Colonna. "La taille du tireur, c'est minimum 1,85 mètre, je suis catégorique", a affirmé M. Mannarini. Pour lui, "un assassin d'environ 1,70 m (Colonna mesure 1,72 m) aurait nécessairement été "déséquilibré" en levant le bras en l'air pour que l'arme tire perpendiculairement à la cible". Les balles ont pénétré la nuque perpendiculairement, avait déjà laissé entendre, jeudi, le médecin légiste ayant examiné le corps.

 

WikiNews

1er juillet 2010. – C'est un « séisme » qui s'est produit, hier, dans l'institution judiciaire, du moins pour l'observateur lambda. La Cour de cassation a cassé l'arrêt de la Cour d'assises de Paris condamnant Yvan Colonna à la réclusion criminelle à perpétuité avec une peine de sûreté de 22 ans. Le berger corse avait été reconnu coupable de l'assassinat du préfet Claude Érignac, par la cour d'assises spéciale. À la différence des autres juridictions d'assise, le jury n'est composé que de magistrats professionnels. Cette cassation a pour effet immédiat d'annuler tous les effets de la condamnation. Yvan Colonna sera donc jugé une troisième fois pour les faits qui lui sont reprochés.

L'article 331 du CPP en question

Lors de l'audience d'appel, la défense avait cité Monsieur Mannarini en tant qu'expert. L'intéressé est retraité, et a produit une étude balistique détaillée à la demande de la défense. Dans son rapport, il énonçait clairement que les coups de feu mortels sur le préfet Érignac ont été commis par une personne mesurant 1 m 85. M. Yvan Colonna ne mesurant que 1 m 71, ces conclusions ont provoqué l'énervement de l'avocat général et des parties civiles.

Lors de l'exposé de M. Mannarini, les parties adverses ont voulu le décridibiliser en mettant en doute ses compétences en balistique. Bombardé de questions avant même qu'il ait pu terminé son exposé, l'expert de la défense avait manifesté son agacement devant la cour. L'audience a été interrompue puis le témoignage avait repris le lendemain matin. La défense avait porté à la connaissance du président que les prescriptions de l'article 331 du CPP avaient été méconnues.

 

 

ARR1TT1

 

 

Sur 11 « moyens de cassation »

invoqués par la défense, la Cour, elle-même,

n’a retenu que le seul motif

d’avoir empêché un témoin de déposer.

 

Un motif de cassation

pas du tout anodin

Tous les moyens de cassation avancés

par la défense d’Yvan Colonna ramènent

au fond du dossier : Yvan Colonna

est innocent. Les juges de la Cour de

Cassation ont choisi le 4ème  moyen

invoqué, l’empêchement d’un témoin

de déposer, afin d’éviter le plus possible

d’aborder le fond du problème,

mais ce motif de cassation est bien loin

d’être anodin en vérité !

Aurèle Mannarini n’est pas un petit

témoin. Devant le refus de procéder à

une véritable reconstitution des faits, et

en l’absence des experts en balistique

– qui ont refusé de venir déposer à la

barre sans que la Cour d’Appel ne s’en

offusque ! –, les avocats d’Yvan Colonna

ont fait citer Aurèle Mannarini en tant

que témoin afin qu’il apporte une

démonstration à la Cour. Il est en effet

expert en balistique. C’est lui, notamment,

qui lors du procès d’Aleria en

1976, a permis d’innocenter Edmond

Simeoni de la mort des deux gendarmes

durant l’assaut ordonnée par

Michel Poniatowski, ministre de

l’Intérieur de Jacques Chirac, le 22 août

1975. Devant la Cour de Sûreté de l’État,

il avait démontré de façon imparable

que les balles qui avaient tué malheureusement

les deux gendarmes ne pouvaient absolument pas provenir de la

cave assaillie, mais des vignes alentours…

truffées de policiers ! C’est ainsi

qu’Edmond Simeoni a été condamné

pour « trouble à l’ordre public » et a

échappé à la peine de mort qui n’était

pas encore abolie en France.

Lors de son audition, en février 2009,

Aurèle Mannarini n’a pas pu déposer, le

président Wacogne, violant le code de

procédure pénale, l’a interrompu pour

permettre à la partie civile de lui poser

des questions, le malmenant et le harcelant

afin de le déstabiliser.

La défense a voulu faire acter ce vice de

procédure par la Cour qui a refusé de le

faire, à deux reprises. Une première fois

jugeant la demande des avocats «irrecevable

», la seconde fois, disant ne pas

se souvenir des faits ! Le procès verbal

des débats de la Cour d’appel ne fait

pas allusion à l’interruption du témoin,

c’est dire à quel point les magistrats ont

perdu pied tout au long de ce procès et

ont multiplier les atteintes au droit pour

s’obstiner dans la « présomption de culpabilité» !

Qu’avait à dire Aurèle Mannarini ? Yvan

Colonna ne peut être le tueur compte

tenu de sa taille inférieure à celle du

préfet Erignac ! Le tueur était nécessairement

au moins aussi grand que le

préfet sinon plus, d’autant que celui-ci

gravissait une pente. La balistique en

effet atteste d’un premier tir à l’horizontal,

ce qui est physiquement impossible

pour un homme de plus petite

taille que le préfet. Le tir aurait nécessairement

été oblique. Ces éléments

objectifs, venant corroborer la thèse des

témoins visuels de l’assassinat, ne pourraient

qu’être attestés par une reconstitution

des faits. On comprend pourquoi

la « raison d’État » s’obstine à ne

pas vouloir l’accorder !

 

Interviews d’A.Mannarini : Corse Matin,  « la Version de l’expert » et RCFM 3 juillet 2010.

 

 

Réactions de spécialistes

Plusieurs experts balisticiens et légistes ont salué de manière informelle le travail d’A. Mannarini, nous publions ici des témoignages parus.

 

Gérard Amaté (in. L’affaire Colonna, Une bataille de Presse) :

«  […] Yves Bordenave n'avait pas en permanence soutenu la thèse officielle de la police, comme l'avait fait Patricia Tourancheau. Il en avait parfois si sévèrement jugé certains aspects qu'on aurait pu croire de sa part à une présomption d'innocence pour Colonna. Sa dernière chronique montrait que non. Il n'avait en fait jamais quitté un point de vue policier. Il y avait simplement appliqué un esprit critique que ceux-ci, en interne, ne se privaient pas d'avoir. Il y avait parmi eux suffisamment d'usagers des armes de poing pour savoir que les conclusions balistiques d'Aurèle Mannarini n'avaient rien de délirant ».

 

 

 

Réunion de soutien Yvan Colonna partie  n°1 (Ajaccio le 14 mars 2009), dailymotion :

 

« […] sa démonstration balistique était tellement claire que les membres du GIGN, qui étaient dans le box avec Yvan […], « nous ont tous dit le seul qui a raison c’est lui (en parlant de A. Mannarini) », paroles de Maître Sollacaro

 

 

 

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Document de vulgarisation

 

 

 

Ce document est la vulgarisation d’un rapport d’une centaine de pages remis à la Cour et aux Parties Civiles et jugé « complexe » par plusieurs observateurs ne peut être compris que par des spécialistes, c’est pourquoi nous n’en citons que quelques extraits utiles.

 

 

    Nous rendons hommage au Dr. Marcaggi pour son rapport d’autopsie et aux enquêteurs pour leurs constatations en flagrance.

 

Nous citons un certain nombre de convergences existant dans les rapports de M. Hemon, Mme Chabli et nous même.  

 

Préambule

 

Au vu des témoignages concordants figurant au dossier, le préfet Claude Erignac a été suivi par deux hommes dont l'un a fait feu à cinq reprises l'atteignant de trois projectiles de 9 mm parabellum derrière la tête alors qu'il amorçait une marche du trottoir adjacent au restaurant Le Kallyste.

Nombre de tirs

Si l'on prend comme postulat que les tirs ont été provoqués par le pistolet découvert sur la chaussée et que les blessures sont transfixiantes ; nous admettons comme corollaire (on démontre aussi) que tous les indices : étuis, fragments de projectiles, impacts sur la victime et dans un environnement immédiat sont directement liés à la scène. Il y a compatibilité entre les cinq tirs comptabilisés et les projectiles, les fragments de projectiles et leurs impacts.

Certains témoins ont cru entendre plus de cinq coups de feu. Cela provient soit :

-         D’une mauvaise mémorisation du nombre de tirs

-         D’échos provoqués par les immeubles environnants

-         Du bruit de l’onde de choc que provoque la balle quand elle passe le mur du son.

En effet si on se trouve à une certaine distance du tireur et à côté de son axe de tir, on perçoit nettement le bruit du projectile et ensuite le bruit de bouche. Le projectile 9 mm parabellum a une vitesse initiale supersonique.

 

Lieu et position de la victime quand elle a été atteinte par le premier tir

 Cf. extrait du rapport d’ A. Mannarini : « D'après le Dr. Marcaggi (page 6 de son rapport d'autopsie) « chacun de ses tirs est potentiellement mortel », « Le décès est donc survenu de façon instantanée », « Le premier tir a fait chuter instantanément M. Erignac, à terre, ce qui a provoqué  les lésions au niveau de la face et du nez, puis deux autres tirs ont complété le premier, touchant M. Erignac à terre ». Par conséquent, « le décès étant instantané » c'est le centre de gravité de la victime qui va tracer la trajectoire de sa chute. L'endroit où se situe le centre de gravité quand la victime est debout est fonction de sa position.

Donc, la forme du corps quand il est à terre est la projection géométrique de la position de celui-ci quand il est debout.

 […] les constatations en flagrance (photos à l’appui) démontrent que la victime, debout au moment du premier tir, était dans le sens ascendant de la rue (vers le théâtre), la tête tournée vers la droite (mur du restaurant)… le dos et la tête penchés en avant ».

 

Ce qui précède est confirmé par l’impact sur le mur et la paire de lunettes (que portait le préfet au moment du premier tir), qui a rebondi perpendiculairement à ce même mur, retrouvée au bord du trottoir ainsi qu’un des verres et un noyau de balle en-dessous de l’impact.

De plus, les orifices d’entrée situés sur l’occiput attestent que le tireur était bien derrière la victime, celle-ci précédant l’impact constaté sur le mur. Ceci confirme que la victime avait bien la tête face au mur.

Impact sur le mur du restaurant

On démontre que l'impact constaté sur le mur du restaurant correspond au premier tir qui a

atteint le préfet.

La balle, après avoir provoqué une blessure mortelle transfixiante (orifice de sortie 2 cm sur  8 cm- rapport d’autopsie), ricoche sur le mur.

 Elle entraîne avec elle des éclats qui projettent la paire de lunettes que portait la victime contre ce même mur.

Le noyau de plomb du scellé 19 et la paire de lunettes ainsi qu'un de ses verres (scellé 5 et 4) retrouvés surla chaussée et la jardinière précédant le restaurant, confirment ce premier tir mortel.

Le deuxième et troisième tir ont atteint le préfet ainsi que son manteau quand la victime était à

terre.

Les caractéristiques de l'orifice « A » sur les vêtements correspondent au tir à bout touchant

appuyé.  Nous sommes en accord avec cette hypothèse retenue par les experts Hémon et Chabli. Cependant, les constats du Dr. Marcaggi laissent entrevoir l’hypothèse d’un tir à bout portant.

 

 

 

Direction des tirs

 

   On peut déterminer la direction de quatre tirs sur cinq ; celui correspondant à la balle retrouvée sur la chaussée étant impossible à déterminer.

-          Deux tirs au sol sont de haut en bas ; nous avons admis (Cf. Nombre de tirs ayant atteint le manteau) que le manteau a été atteint quand la victime était à terre, tirs vraisemblablement sous un angle de 45° conforté par des témoins de la scène (planche 13, In Rapport d’Aurèle Mannarini). On peut constater la courbure du corps quand le préfet est allongé sur le trottoir. On remarquera l’amplitude du manteau près du col qui permet lors d’un tir sous un angle de 45° de provoquer B1, B2, B3 et B4 (impact sur le manteau).

-          Le tir correspondant à l’impact sur la poutre (constatations en flagrance) est de haut en bas. Ce tir peut être mis en parallèle avec le tir occasionnant l’impact sur le mur du restaurant et concernant la taille du tireur.

-          Le tir correspondant à l’impact retrouvé sur le mur du restaurant (constatations en flagrance) après avoir traversé la tête du préfet est de haut en bas. Ce dernier tir implique que le tireur avait une taille supérieure à celle du préfet.

 

Évaluation de la taille du tireur

 

Angle à l’impact, par rapport à l’horizontale, de la trajectoire d’un projectile

Le plan de tir est défini par les coordonnées (non représentées ici) OX, OY, O étant le point d’impact, et l’angle d’impact formé par la trajectoire et l’abscisse

 

 Pour une meilleure compréhension de notre démonstration, nous remplaçons une cible humaine par une cible balistique.

 

 

numérisation0001

 

 

  numérisation0003

 

 

 

 

  numérisation0002

 

 

 

 

 

Trajectoire oblique du premier tir ayant atteint le préfet (taille 1,83 m)

 

Les   orifices   d'entrée   du  projectile   étant  ronds   (rapport   d'autopsie)   les   tirs   sont perpendiculaires à la tête du préfet.

L'impact sur le mur du restaurant ainsi que sa hauteur par rapport au pallier où se trouvaient la victime et le tireur, avec une dénivellation de la victime par rapport à celui-ci nous permet d’évaluer sa taille. La trajectoire est donc tracée par la droite joignant la tête du préfet à l'impact sur le mur du restaurant ; cette trajectoire est donc oblique, le tir étant de haut en bas.

Ce qui précède confirme la position arc-boutée du préfet au moment du premier tir. De par l'absence de résidus de poudre sur l'orifice d'entrée correspondant au premier tir on situe la bouche du canon de l'arme à une distance minimum de la tête de la victime. Dans ces conditions, pour que la main du tireur soit d'une part dans l'axe de la trajectoire d'autre part dans le prolongement du bras il est nécessaire que sa taille soit nettement supérieure à celle du préfet. Pour une taille correspondante à celle de l’accusé, 1,72 m, cela serait impossible (même selon une hypothèse fictive le préfet ayant une attitude arcboutée antinaturelle et impossible à maintenir, le poignet du tireur étant cassé ce dernier ne pourrait pas appuyer sur la détente, d'autant plus que celle-ci a un poids de 2 kg en simple action et de 5,1 kg en double action et que l’arme elle-même pèse 950 g à vide avec un encombrement important. De plus, la position levée du bras avec le poignet  cassé n’est pas naturelle pour atteindre l’axe de la trajectoire). En fonction de la localisation des étuis, de la topographie des lieux, de l’impact sur le mur et la surface qu’occupe le préfet, le dos courbé, de la distance minimum entre le canon de l’arme et la tête de la victime, on peut déterminer respectivement la distance et l'endroit par rapport au préfet auxquels se trouvait le tireur au moment du premier tir .

 

Remarque : quelque soit l’hypothèse retenue par A. Mannarini ou par M. Hemon, le préfet était courbé :

 

 

M. Hemon dans son rapport du 24 avril 1998 déclare : « Dans tous les cas la victime devait-être courbée au moment de ce ou ces tirs ; sinon la position du tireur ne serait absolument pas naturelle »  

Extrait du rapport d’A. Mannarini ( Cf. Ordres pièces) :

 

 

Remarques concernant les pièces

8 A et B, 9, 10

« […] L’arme utilisée lors de cette reconstitution est un revolver 380 Bull-Dog (arme de collection de 8ème  catégorie).Ce qui précède ne nuit pas à l’intelligence du texte, et à notre démonstration » (Cf. simulation).

 

Dépositions des témoins de la scène

Témoignages confirmant l’analyse de M. Mannarini

 

       Parmi les dépositions des témoins de la scène nous retenons, d’une part le dénominateur commun des témoignages, d’autre part ceux qui sont compatibles avec l’événement.

Les témoignages de Romain Coretti, Martine Poli, Marie-Ange Contard, Jean-Louis Malpelli, Annie Monneron et particulièrement Joseph Colombani nous renseignent sur le déroulement de la scène :

 

Témoignage de Romain Coretti

« […] il y avait deux hommes qui semblaient s’affairer autour d’une masse sombre se trouvant au sol sur le trottoir devant la façade du restaurant le Kallyste […].les bras légèrement fléchis […] Il était debout et son axe de tir était d’environ 45° »

   Commentaire : Nous sommes en parfait accord avec le commentaire de M. Hemon : « […] les positions sont compatibles avec la présence de douilles* devant le corps, elles n’expliquent ni le tir à bout touchant ni la localisation du fragment de balle 19 […] » La seule explication concernant le fragment 19 est l’impact sur le mur du restaurant, explication que nous avons développée (Cf. Angles et impacts, In rapport d’ A. Mannarini remis à la Cour). La courbure que nous retenons comme la plus probable pour réaliser un tel tir est quand la victime est à terre, le tireur accroupi ou fléchi (Cf. Nombre de tirs ayant atteint le manteau, In rapport d’ A. Mannarini remis à la Cour). On remarquera l’amplitude du manteau près du col qui permet un tir sous un angle proche de 45° (constaté par plusieurs témoins) pour provoquer B1, B2, B3, et B4.

douille et étui expriment un même élément d’une cartouche, cependant le langage usuel ayant évolué, le mot douille est utilisé dans l’artillerie cartouches pour canons) alors que le terme étui l’est pour les armes portatives.

 

Témoignage de Mlle. Contard

« […] Je suis certaine qu’à ce moment là il tirait tout en me regardant car j’ai distinctement entendu deux coups de feu et j’ai vu son bras tendu tressaillir […] ».

   Commentaire : Nous rejoignons le commentaire de M. Hemon : « […] ce qui est compatible avec la localisation des douilles ».

Mlle. Contard évoque également une manipulation de l’arme qui pourrait faire suite à l’incident de tir ; cela peut expliquer la présence de la cartouche 3

M. Colombani :

 

-         Dans le procès-verbal du 16 février 1998, déclare : « Le tireur qui se trouvait à droite de la victime, assez grand autour de 1,80 m, athlétique […] ».

-         Dans le procès-verbal du 11 mars 1998 : « …il mesurait entre 1,80 m et 1,90 m, assez athlétique… »

Lors de cette déposition M. Colombani procède à la reconstitution de la scène et nous constatons avec M. Hémon que le premier tir mortel ne correspond pas au tir à bout touchant.

 

-         À l’audience du 20 novembre 2007 (premier procès), concernant les hommes qui suivaient le préfet : « athlétiques, 1,80 m, 1,90m ».

 

Commentaire : Ces trois témoignages confortent notre analyse sur la taille du tireur et le tir à bout touchant le manteau comme étant le troisième tir ayant atteint le préfet.

 

Témoignage de Mme. Poli

 

« […] après les détonations, il me semble qu’une image fugace s’est imposée à moi, à savoir deux hommes se situant à proximité du corps , le premier se trouvant plutôt aux pieds du corps, l’autre placé à côté de la tête ».

Commentaire : Ce témoin situe deux hommes près du corps du préfet. Son témoignage confirme celui de Romain Coretti et celui de Joseph Colombani.

 

Témoignage de M. Colombani

Une déposition précise de ce témoin au premier procès à l’audience du 20 novembre 2007 (extrait de Corse-Matin du 27/11/2007 ): « Au moment du premier coup de feu, je vois le préfet dévisager un homme. Le face à face dure deux secondes à peine. Puis il baisse la tête et se courbe presque à angle droit. Le préfet disparaît dans l’impasse et revient dans la rue toujours plié en deux. Après le deuxième coup de feu, une fumée se dégage, une fumée orange de la teinte de l’enseigne du restaurant. C’est de cette fumée que je vois surgir un deuxième individu et que j’entends la troisième détonation. C’est après celle-ci que le préfet s’effondre » .

Pour Joseph Colombani, dans sa déposition du 11 mars 1998 : « […] je vois l’individu « A » se positionner au-dessus du corps et tout en restant droit, tend le bras droit en direction du bout du corps allongé sur le sol. J’entends alors deux ou trois détonations ».

 

Commentaire : Ces témoignages sont conformes à l’analyse que nous avons faite en ce qui concerne la distance minimale entre le canon de l’arme et la victime, la relation entre les impacts et les douilles, la paire de lunettes, les fragments de balles, le manteau que portait le préfet, la position de la victime quand elle a été atteinte par le premier tir. Ces mêmes témoignages sont des plus importants car M. Colombani était un ami du préfet pouvant donc appréhender la taille du tireur en comparaison de celle du préfet.

 

Témoignages concernant l’impact sur le mur du restaurant

 

a)    Mme. Monneron : « Quelque chose est venu ricocher sur la fenêtre située au-dessus de notre table ».

b)    M. Malpelli : « Il y a eu plusieurs chocs sur la vitre de la fenêtre en face de nous ».

Commentaire : Ces deux témoignages confirment l’impact sur le mur du restaurant correspondant au premier tir ayant atteint le préfet. Cet impact se trouve à « 48 cm de l’angle droit de la fenêtre de ce mur » (Cf. constatations en flagrance), ainsi que d’éventuels ricochets d’étuis éjectés

 

 

 

 

 

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SIMULATION

En balistique terminale (dont lésionnelle), la simulation fait appel à une science complexe dont les avancées sont en progrès permanents.

 

La plupart du temps, les tirs comparatifs concernant la balistique à l’impact ne peut pas reproduire avec exactitude la réalité des faits mais elle permet d’obtenir des résultats le plus souvent satisfaisants.

 

Les séries de tirs que nous avons réalisées (avec différentes munitions de calibre 22) ne rentrent pas dans le cadre proprement dit d’une simulation, mais dans celui des effets communs à un type de munitions et de projectiles de différents calibres pour armes à feu, animés d’une même V° et d’un mouvement de rotation au sortir du canon de l’arme. Nous avons utilisé entre autres, gélatine, savon balistique, poudre de lait lyophilisé. La simulation proprement dite étant de toute façon impossible à réaliser dans ce cas précis. Les seuls tirs de comparaison possibles sont ceux effectués par M. Hémon sur le manteau que portait la victime.

 

I.                   Pour démontrer qu’un tireur d’une certaine taille ne pouvait tenir son arme de poing dans l’axe de la trajectoire de la première balle qui a atteint le préfet, nous avons utilisé un revolver du 19ème siècle. Dans ce cas précis la démonstration est évidente avec n’importe quelle arme (Cf. document de vulgarisation).

II.                Simulation concernant les effets des projectiles à l’impact :

              Dans l’étude des effets des projectiles pour armes à feu, on utilise des cibles constituées par différentes matières végétales, animales, minérales, métalliques, de synthèse, suivant le but recherché (dont certaines sont hydratées selon un pourcentage d’eau égal à celui des organes ciblés), ainsi que les mêmes obstacles matériels atteints par les projectiles.

 

 

 

 

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              Aurèle Mannarini sollicité par une opinion publique en mal de vérité, expose, dans ce blog, la teneur de son intervention écrite et orale.

 

 

 

         Etant donné son obligation de se soumettre au secret professionnel, A. Mannarini ne dévoilera progressivement qu'une partie de son rapport d'expertise en fonction de l'évolution de l'actualité.Pour une meilleure compréhension, un addendum de vulgarisation accompagnera  son exposé.

 

         Un deuxième rapport non encore soumis à l'appréciation de la justice  ne sera, pour le moment, pas dévoilé au public.

 

 

         En outre,  A. Mannarini a rédigé une synthèse de son expertise pour les administrateurs du Livre Blanc.

 

 

 

 

 

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 Ordre de mission d'Aurèle Mannarini et de Guy Hemon

 

 

 

 

 

    Ordre de mission d'Aurèle Mannarini

 

 

   L’expert, Guy Hémon, commis par la juge d’instruction Mme. Le Vert n’ayant pas réalisé d’évaluation de la taille du tireur et ayant refusé de venir témoigner lors du premier procès, les avocats de la défense ont fait appel à un scientifique, M. Aurèle Mannarini  (publications relatives aux travaux de recherche concernant d’une part la synthèse chimique et d’autre part la balistique. Bureau d’étude industrie armurière. Expertises concernant des affaires criminelles : affaire Recco, affaire Joubert, affaire Granguillotte, etc… le procès d’Aleria en 1976 : la Cour de Sûreté de l’Etat ayant retenu dans ses attendus l’expertise d’Aurèle Mannarini mettant hors de cause les tirs meurtriers du  commando occupant la cave d’Aleria).

                    - Antoine Sollacaro, avocat au barreau d’Ajaccio

                         - Gilles Simeoni, avocat au barreau de Bastia.

 

 

 

 

 

-         Vu l’information suivie contre X devenu Yvan Colonna du chef d’assassinat ;

-         Vu le refus réitéré par les différentes juridictions saisies à cette fin de procéder à une reconstitution des faits visés par l’information ;

-         Vu la carence de l’expert en balistique intervenu en cours d’instruction, lequel ne s’est pas présenté devant la cour d’assise spécialement composée en première instance

 

        Requérons Aurèle Mannarini aux fins de procéder à une expertise balistique ainsi qu’une analyse des faits contenues dans un rapport qui nous sera remis avant la premier février 2009.

 

 

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      Déclaration d'Aurèle Mannarini

 

 

 

                                            Je soussigné Aurèle Mannarini,

 

 

 

 

                                           Vu l’information suivie contre X, dont la victime a été M. Claude Erignac, préfet de Corse, déclare avoir été désigné par maître Gilles Simeoni pour :

 

 

 

 

I)                  procéder à une expertise balistique concernant les tirs par arme(s) à feu dont le préfet M. Claude Erignac a été victime le 6 février 1998 aux environs de 21 h à Ajaccio.

 

II)               établir une analyse de la scène et déterminer :

-         le nombre de tirs

-         la direction des tirs

-         la chronologie des impacts des tirs sur la personne du préfet Claude Erignac et sur l’environnement des faits

-         la distance entre le(s) tireur(s) et la victime

-         la distance entre l’ (les) arme(s) et les impacts

-         la position de la victime quand il a été atteint par le premier tir

-         la taille du (des) tireur(s)

 

III)            solliciter le cas échéant l’avis de tout sapiteur

 

 

 

Ai pris connaissance :

 

-         des rapports d’expertise de M. Guy Hemon, commandant de police au laboratoire de police scientifique de Paris

-         du rapport de Mme. Souad Chabli, ingénieur principal au laboratoire de police scientifique de Paris

-         du rapport d’autopsie du Docteur Paul Marcaggi

-         des procès-verbaux concernant les investigations en flagrance menées par le capitaine de police Philippe Gallot, le commandant de police Michel Jutant et le lieutenant de police Patrick Rico

 

 

-         du procès-verbal concernant les identifications et constatations menées par le capitaine de police Hélène Graziani

-         du procès-verbal de transport et de reconstitution concernant la déposition des témoins de la scène

-         des procès-verbaux concernant les dépositions de Pierre Alessandri

-         du lieu où s’est déroulé la scène ainsi que son environnement

 

Ai fait procéder au plan d’état des lieux par l’Association de Géomètres Experts, AGEX 2A

 

 

 

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     Préambule

 

 

 

 

 

 

    Le 5 décembre 2008, je me rends au cabinet de maître Gilles Simeoni qui me remet copie des pièces de procédure utiles à ma mission, afin d’établir un rapport dans les meilleurs délais (Cf. liste des pièces en annexe).

 

    Le 7 décembre 2008 je me rends à Ajaccio afin de prendre connaissance des lieux où s’est déroulée la scène du crime accompagné par maître Antoine Sollacaro.

 

    Au vu des témoignages concordants figurant au dossier, nous prenons comme hypothèse la plus vraisemblable que le préfet Claude Erignac a été suivi par deux hommes dont l’un a fait feu à cinq reprises l’atteignant de trois projectiles de 9 mm parabellum derrière la tête alors qu’il amorçait une marche du trottoir adjacent au restaurant Le Kallyste.

 

     Constatons que

-         l’impact sur le mur du restaurant constaté par la P.J. d’Ajaccio a disparu

-         la jardinière à fleurs à l’entrée du restaurant et longeant le trottoir n’est plus. Il avait été trouvé sur ce bac, un verre de lunettes et un fragment de projectile

-         l’échafaudage de ravalement n’est plus.

En conséquence, disons que lors d’une éventuelle reconstitution des faits sur les lieux par la Cour, il conviendra de tenir compte de l’absence de ces éléments importants liés à la scène du crime.

 

    Acceptons d’apporter notre concours à la justice en notre honneur dans l’établissement d’un mémoire sincère et véritable à partir de la topographie des lieux, des rapports d’expertises du laboratoire scientifique de Paris et des procès-verbaux de la P.J. d’Ajaccio.

 

 

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    Ordre de mission de Guy Hémon 

 

 

98/360

 

GH/PG

N° du Juge :

———————                                                             COPIE

RAPPORT   DE   MONSIEUR   GUY   HEMON

COMMANDANT   DE   POLICE AU   LABORATOIRE   DE   POLICE   SCIENTIFIQUE   DE   PARIS

RECONSTITUTION DES FAITS EN DATE DU 17 MARS 1998

EVALUATION DES DISTANCES DE TIR DETERMINATION DES TRAJECTOIRES DE TIRS

Affaire Cl X

Assassinat, association de malfaiteurs en vue de commettre des actes de terrorisme...

Victime : Préfet Claude ERIGNAC

Madame Laurence LE VERT

Premier Juge d'Instruction

TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE PARIS

 

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N° 98/360                                                          PARIS, le 10 mars 1998

Nous, soussigné,

Guy HEMON

Commandant de Police

Au Laboratoire de Police Scientifique

3 Quai de l'Horloge, PARIS 1er arrondissement

Expert non inscrit

commis en vertu et pour exécution de l'Ordonnance en date du 9 mars 1998, délivrée par Madame Laurence LE VERT, Premier Juge d'Instruction au Tribunal de Grande Instance de PARIS, et versée à la suite,

certifions, serment préalablement prêté, apporter notre concours à la Justice en notre honneur et notre conscience et de même en rendre compte dans le ci-après Rapport, affirmé sincère et véritable.

 

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MISSION

 

Vu votre mission d'expertise actuellement en cours prescrite par notre ordonnance du 19 février 1998,

J'ai l'honneur de vous prier de bien vouloir, après avoir pris connaissance du dossier de la procédure et notamment des procès-verbaux de constatations et d' auditions des témoins des faits :

- assister aux opérations de reconstitution des faits auxquelles il sera procédé le 17 mars 1998 à partir de 18 heures 30 à AJACCIO,

- procéder pendant les différentes séquences de la reconstitution à toutes observations utiles pour déterminer la chronologie, la trajectoire et la distance des tirs, ainsi que la position du (ou des) tireur et celle de la victime au moment des coups de feu, au vu notamment des caractéristiques d'éjection du Pistolet Automatique Bererta de calibre 9 mm, objet du scellé n° 10 du procès-verbal n° 98/50/5 du S.R.P.J. d'AJACCIO en date du 06 février 1998, actuellement soumis à votre expertise,

- apporter pour les besoins de la reconstitution ce scellé, le scellé n°8 du même procès-verbal (le chargeur) ainsi que le scellé unique du procès-verbal de la 6ème Division en date du 18 février 1998 (une boîte de 5O cartouches de calibre 9 mm parabellum ordinake) pour pouvoir, si cela vous apparaît utile à la manifestation de la vérité, procéder à des essais d'éjection de cartouches pleines,

- prendre la cas échéant toutes mesures utiles des distances de tirs ou faire toutes figurations de trajectoires qui pourront donner lieu à des prises de vue photographiques,

- rechercher si l'enchaînement des faits tel qu'il résultera de la reconstitution qui sera effectuée sur la base des différents témoignages est compatible avec les éléments balistiques résultant des constatations.

Exploiter, dans le cadre de celle-ci, les données complémentaires recueillies au cours de la reconstitution qui pourraient être utiles à votre mission du 19 février 1998.

Fait en notre Cabinet, le 9 mars 1998

Le Premier , uge d'Instruction

 

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98/360

Le 9 mars 1998, Madame Laurence LE VERT, Premier Juge d'Instruction au Tribunal de Grande Instance de Paris, nous adressait l'Ordonnance nous commettant, aux termes de laquelle, nous devions, connaissance prise du dossier :

- nous transporter le 17 mars 1998 à Ajaccio aux fins d'assister aux opérations de reconstitution des faits,

- nous munir pour les besoins de celle-ci de l'arme et du chargeur saisis, ainsi que de cartouches afin de pouvoir, si nécessaire, procéder à des essais d'éjection,

procéder pendant les différentes séquences de la reconstitution à toutes observations utiles pour déterminer la chronologie, la trajectoire et la distance des tirs, ainsi que la position du (ou des) tireur (s) et celle de la victime au moment des coups de feu,

- prendre, le cas échéant, toutes mesures utiles des distances de tirs ou faire toutes figurations de trajectoires qui pourront donner lieu à des prises de vue photographiques,

- rechercher si l'enchaînement des faits, tel qu'il résultera de la reconstitution qui sera effectuée sur la base des différents témoignages, est compatible avec les éléments balistiques résultant des constatations.

 

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98/360                                                                                                                                  
Transport sur les lieux :

Le 17 mars 1998, à 18 heures 30, nous nous sommes transportés rue Colonel Colonna d'Ornano à Ajaccio aux fins d'assister à la reconstitution des faits.

Etaient présents, outre le juge mandant et son greffier,

M. BRUGUIERE, Premier Vice-Président chargé de l'Instruction,

M. THIEL, Premier Juge d'Instruction,

Mme. STOLLER, Premier Substitut, Chef de la 14 ème Section du Parquet de Paris,

M. MARION, Contrôleur Général, Chef de la 6 ème Division de la Direction Centrale de la Police Judiciaire, et ses Officiers de Police,

M. DRAGACCI, Commissaire Divisionnaire, Chef du S.R.P.J. d'Ajaccio, et ses Officiers,

Les Officiers de Police du S.C.I.J.,

Les fonctionnaires de la Sécurité Publique, chargés du périmètre de sécurité.

Préambule :

A partir de la topographie des lieux, des indices matériels retrouvés, de leur localisation, des caractéristiques techniques de l'arme utilisée, des éléments du dossier, de nos premiers examens et enfin des témoignages, on évoquera, dans un premier temps, leurs compatibilités respectives et, dans un deuxième temps, le ou les scénarios  probables de l'action ayant amené le crime.

Mais d'une manière générale, on peut émettre l'hypothèse que le Préfet Claude ERIGNAC, après avoir garé son véhicule Cours Napoléon, remonte côté droit la rue Colonel Colonna d'Ornano, suivi par deux hommes ; l'un d'eux tire cinq coups de feu dont trois atteignent la victime derrière la tête, un à bout touchant et deux à courte distance.

 

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Commentaire

 

    On constate que la conclusion de A. Mannarini est identique à celle (versée au dossier de l'instruction) des enquêteurs (cités précédemment) concernant le nombre de personnes constituant le commando au moment de la scène du crime: 2 et non 3 comme le soutenanient les Parties Civiles et l'Accusation (Cf. le compte rendu d'audience) .

 

 

 

 

 

 

 

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Par mannarini.over-blog.fr
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